Fukushima Daiichi Les mystères de la piscine de stockage combustibles de l’unité 3 …
Fukushima Daiichi …. La poutre dans la piscine combustible de l’unité 3…
L’information de base, la véritable information, sur les questions relatives à Fukushima Daiichi est fournie par la Tepco. Ensuite elle est manipulée à grande échelle, c’est le cas en France, ou non ce qui est plutôt le cas dans les pays anglo-saxons et dans les médias japonais y compris les plus anti nucléaires comme le Mainichi Shinbum.
Il ne faut pas non plus être naïf, la Tepco arrange les choses à sa manière et surtout elle se tait parfois sur des questions sensibles.
Mais au fil du temps, les données fournies par la Tepco, pas toujours à son avantage d’ailleurs, se sont révélées cohérentes et fiables. Maintenant il y a également la pression du nouvel organisme de sûreté qui doit lui-même rétablir sa crédibilité.
L’affaire de la poutre en forme d’échafaudage,- truss beam-, qui vient de glisser dans la piscine de stockage des éléments combustibles de l’unité 3 est typique à cet égard, dans la mesure où la situation réelle de cette piscine fait aussi partie des non-dits depuis le début, c’est-à-dire mi mars 2011.
Qui d’autre que les ingénieurs et techniciens de la Tepco est allé voir ce qui se passait au 5 ème niveau du bâtiment réacteur de l’unité 3 ?
Ci-dessous une vue de la piscine juste avant que cette poutre n’y tombe :
Photo Tepco spent fuel pool unit 3.jpg
On voit que déjà pas mal d’éléments métalliques y sont tombés.
Qu’a dit la Tepco ?
_ vers 11 heures le 22 septembre, dans le cadre des opérations de dégagement des débris du haut du bâtiment réacteur, qui sont déjà assez avancées bien qu’elles se déroulent dans une zone de niveau de radiations gamma assez élevé, la manutention à distance d’une poutre d’acier de 7 m de long et de 450 kg a échoué et la poutre a glissé dans la piscine de stockage des éléments combustibles. Ce n’est pas le seul élément métallique de structure présent dans cette piscine de toute manière.
Il n’y a pas eu de blessé et le refroidissement de la piscine n’a pas connu de problèmes.
La vérification de la situation de la piscine a été complétée par des mesures de sources radioactives sur des échantillons d’eau prélevés dans la piscine. Notamment sur les radionucléides prépondérants c’est-à-dire les Césium 134 et 137 produits de fission.
Comparées à des mesures précédentes du 21 septembre dernier, les radioactivités de ces éléments n’ont pas bougé et l’activité en Iode 131 n’est plus détectable.
Cela veut dire qu’il n’y a pas eu de fissions notables (il y a encore des fissions dans les éléments combustibles mais pas de réaction en chaine) dans cette piscine depuis mars 2011 sans doute.
Néanmoins, les taux de radioactivité en Cs 134 ~ 2.2 10 3 Becquerels/cm3
et en Cs 137 ~ 3.6 10 3 Becquerels/cm3 sont assez élevés.
Ces produits de fission proviennent soit de retombées d’aérosols radioactifs dans la piscine où l’eau s’était déjà évaporée, vers le 14/15 mars 2011, soit de gaines combustibles rompues, ou de combustibles partiellement fondus, lors d’un problème sur le combustible stocké dans cette piscine qui peut très bien avoir subi une excursion neutronique (ce que l’on peut soupçonner à partir d’autres éléments d’information et qui ferait partie des omissions de la Tepco) vers les mêmes dates.
Pour compléter l’information sur les problèmes rencontrés au niveau de cette piscine de stockage de l’unité 3, on dira aussi que la tentative de traiter l’eau de refroidissement avec les techniques de purification utilisées sur les eaux pompées dans les bâtiments turbine, – décontamination césium et désalinisation -, a rencontré des problèmes.
Il est clair qu’en mars 2011, la piscine de stockage combustible de l’unité 3, a rencontré des problèmes internes que n’ont pas connus les autres piscines. Celle de l’unité 4 a été déstabilisée par l’explosion d’hydrogène, mais son combustible est intact. Deux éléments combustibles neufs viennent d’ailleurs d’en être extraits récemment et leur examen n’a pas mis en évidence de ruptures ou de déformations, mais juste un peu de corrosion.
Une fois les éléments métalliques tombés dans cette piscine dégagés, l’examen par camera prévu va dénouer la question de l’histoire accidentelle de cette piscine de stockage.
Que pouvait-on soupçonner sur cette piscine dès mars 2011 (voir analyses de fin mars 2011 JMB) ?
Vers le 15 mars 2011 dans cette piscine de stockage du réacteur 3, Il est très possible qu’il y ait eu une excursion neutronique avec un endommagement assez fort des crayons combustibles, -ruptures de gaines, en zirconium effectivement, voir fusion partielle sans doute, ..-.
Cette piscine 3 a donc envoyé dans la nature des éléments radioactifs à ce moment là :
* l’arsenal classique Cs 134 et 137, I 131, Tellure .. dont des PF à vie courte, Ruthénium 105, demi-vie 4.4 heures, qui ont été mesurés et qui sont caractéristiques d’une criticité (excursion neutronique) accidentelle.
* Et également, une très faible quantité de plutonium dont les retombées sur le sol du site ont été mesurées. La part de ce Pu venant du Mox se distinguant difficilement du Pu d’origine militaire que contient le sol du Japon.
Elle a aussi généré un court instant des flux de neutrons qui ont été repérés à l’extérieur du site [ils ont été de faible intensité et très fugaces]
Il n’y a donc aucune raison de voir une menace particulière que cet incident pourrait occasionner.
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