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J’adore quand les experts qui n’ont rien vu arriver, nous expliquent ensuite ce qui se passe

« Le nucléaire est une filière d’avenir »….

Classé dans : Nucléaire — 6 septembre, 2012 @ 10:47

« Le nucléaire est une filière d’avenir »

Impossible d’esquiver le débat.

A ce propos, on enferme systématiquement le problème général de l’énergie dans la seule question du nucléaire, de sa sûreté, de ses déchets. Ce n’est pas une erreur mais une technique de propagande.

Dans ce cadre de manipulation généralisée, le « choix énergétique » se résume à définir la part du nucléaire. Au Japon, il y a même des options à la carte pour l’horizon 2030 : la part du nucléaire à 0, 15 ou 30 %. Et pour suivre l’opinion majoritaire des japonais, qui s’exprime dans des sondages, qui est d’arrêter tous les réacteurs nucléaires au Japon, les ministres en charge de la politique énergétique se sont réunis récemment pour évaluer la possibilité de réaliser cet objectif. Ce qui ressort de cette réunion ce sont surtout les conséquences lourdes et néfastes pour ce pays de sortir immédiatement du nucléaire,- menaces de « Black out », achat du pétrole et du gaz naturel à des prix très élevés, perte de compétences sur les technologies du nucléaire (aucun responsable ne croit que c’est une énergie dépassée), forte augmentation du prix de l’électricité…-

[Incidemment il faut noter que ces tentatives politiques de se passer du nucléaire conduisent à l’exploitation des gaz de schistes et au développement accéléré des « smart grids » [ou comment couper le courant quand on n’est pas capable d’en produire assez]. D’ailleurs Toshiba et Alsthom viennent de s’unir sur le sujet.]

Dans l’arsenal des transformations de la réalité et de la diabolisation des problèmes, la question des déchets nucléaires occupe une place de choix. Le discours anti nucléaire primaire est généralement plein de contradictions. Ici on remarquera que ceux qui dramatisent le problème des déchets nucléaires, veulent en même temps arrêter le retraitement des combustibles nucléaires usés.

Or, outre l’aspect recyclage, – notamment la récupération du Pu comme combustible dans un processus qui peut conduire à son élimination-,  le retraitement est la première phase du traitement des déchets nucléaires. Qui se traduit par une importante réduction des volumes des déchets et un conditionnement qui permet d’en assurer la maîtrise dans un premier temps, ainsi qu’un tri en fonction de la nocivité en termes de période radioactive et d’activité.

Sans développer le sujet, on rappellera quelques points essentiels du domaine du retraitement des combustibles nucléaires :

* le premier point est relatif à l’impact sanitaire de l’usine de La Hague. Au début des années 2000 une Groupe d’études, GRNC -Nord-Cotentin-, agissant sous mandat du gouvernement a rendu ses conclusions sur l’impact sanitaire (Leucémie radio-induites chez les jeunes de 0 à 24 ans) des diverses activités nucléaires du Nord Cotentin. L’étude conclut clairement à l’effet infinitésimal du nucléaire, particulièrement vis-à-vis d’autres sources de rayonnement comme les rayons cosmiques… Du coup le rapport a été saboté par les associations qui participaient à ces travaux ouverts. L’ACRO et surtout la CRIIRAD..

* Le deuxième point met en évidence le fait qu’une fois conditionnés, les déchets radioactifs ne représentent pas de très grands volumes. En poids, pour la comparaison avec d’autres types de déchets, la production de ces déchets conditionnés est de 1 Kg par habitant et par an (contre près de 3 tonnes pour les déchets industriels).

* Dans ces déchets, ceux qui contiennent la Haute Activité pèsent 1%. Et les Moyenne Activité Vie Longue  9%.  [vie longue = période > 30 ans. Mais cela peut aller jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’années : Technicium 99, 210.000 ans, Américium 241, 432 ans, Iode 129, 15 millions d’années,…]

* Enfin l’élément le plus important et qui est systématiquement occulté par les antis nucléaires, est qu’il est possible d’éliminer les radioéléments issus de la fission et de l’activation, ainsi que les actinides, par transmutation. La transmutation ou la combustion des radionucléides et actinides est la phase ultime du traitement des déchets nucléaires.

Ceci ne correspond en rien à une vision futuriste et partisane. Déjà, dans un réacteur « rapide », dans Super Phénix notamment lorsqu’il a fonctionné (une année pleine), une part des produits de fission et des actinides produits dans le cœur du réacteur est déjà auto éliminée. Des expériences, malheureusement stoppées par l’arrêt de ce réacteur, menées dans Phénix, prototype rapide à sodium, ont montré que la transmutation dite « homogène » c’est-à-dire en incluant les éléments radioactifs à éliminer dans le combustible, jusqu’à un pourcentage notable, était possible.

Un prototype de réacteur source de neutrons pour la transmutation, MYRRHA à Mol en Belgique, va traiter la transmutation dite « hétérogène ». Les opérations de base, extraction des éléments, séparation isotopiques des éléments lourds « actinides » (procédé russe), récupération des radionucléides depuis la matrice de verre … sont déjà opérationnelles pour l’essentiel.

D’une manière cohérente, il serait nécessaire de concevoir un stockage réversible des déchets conditionnés avant traitement définitif. Ce qui est un peu contraire à l’esprit du stockage profond qui est actuellement mis en œuvre.

Pour le secteur des déchets comme pour les autres domaines du nucléaire, les réalités sont ainsi très éloignées de l’idéologie dominante.

Pour les hommes politiques le passage de la mythologie et de l’électoralisme aux réalités se fait lorsqu’ils arrivent au pouvoir. On découvre ainsi l’ampleur de la crise du système et, pour le domaine énergétique, le rôle de l’électronucléaire dans notre pays. Un des éléments majeurs que le gouvernement actuel reçoit de plein fouet, sans avoir le courage d’en faire connaitre la profondeur, c’est la crise pétrolière. Celle-ci est liée au passage du pic de Hubbert mondial et a donc un caractère définitif. C’est le fait que la production pétrolière ne peut plus satisfaire la demande y compris dans le cadre d’une croissance mondiale quasi nulle. Combiné à la spéculation généralisée, ce facteur conduit irrémédiablement à la montée du prix du baril. Il y a déjà quelques temps des projections économiques cherchaient à établir le seuil de ce coût du marché pétrolier vis-à-vis d’un sérieux blocage de l’économie. Le chiffre sur lequel s’entendaient beaucoup d’économistes était de l’ordre de 150 dollars le baril. Nous y allons rapidement. La prochaine Loi sur les tarifs de l’énergie est d’ailleurs destinée à restreindre fortement la consommation [celle des couches moyennes sans qu’il soit assuré que cela améliore la situation des exclus du domaine de l’énergie] et à faire passer une forte augmentation du coût de l’énergie pour les particuliers. En les culpabilisant.

L’électricité se retrouve prise dans ce mouvement, malgré la prépondérance nucléaire, à cause de la politique volontariste des tarifs de rachat obligatoires et élevés du courant éolien et photovoltaïque et de la lourdeur des investissements en la matière particulièrement pour l’éolien offshore.

A cela il faut ajouter le fait qu’aucun gouvernement ne survivrait à un important « black out » électrique qui serait la conséquence de ses options en matière énergétique.

Il n’est donc pas étonnant que des membres du gouvernement mettent en avant l’aspect incontournable de l’électronucléaire pour notre pays.

Le nucléaire aux USA

Plus que l’Allemagne, les USA sont encore un modèle pour nous. Il est donc intéressant d’avoir un aperçu de l’engagement nucléaire de cet Etat fédéral, compte tenu du fait que pour le moment l’exploitation du gaz de schiste rend très compétitif l’usage du gaz naturel pour la production électrique. Ce qui repousse un peu le débouché du renouveau nucléaire.

Et dans le contexte, dont se réjouissent les antis nucléaires en France qui sont toujours très heureux des échecs de leur pays en la matière, du refus momentané de Licence d’exploitation, de la part du Bureau de l’organisation de sûreté fédérale dédié à ce permis, au projet d’EPR d’une filiale de l’EDF, UniStar, il est intéressant de voir quels sont les projets de réacteurs nucléaires au USA, carte ci-dessous :

Location of Projected New Nuclear Power Reactors

  Le projet d’EPR d’EDF est à Calvert Cliffs. L’AP1000 est un PWR avancé de l’association Westinghouse-Toshiba qui a obtenu la Licence de la part de l’US-NRC, autorité de sûreté fédérale américaine.

Le projet d’EPR est donc momentanément repoussé non pas sur la base de considérations techniques et de sûreté, mais pour une question de protectionnisme [qui est chez nous un sujet tabou alors que notre commerce extérieur est ravagé par la concurrence faussée].

En effet, sans partenaire sérieux américain la société UniStar n’est pas autorisée par la Loi américaine à exploiter un réacteur nucléaire sur le sol des Etats Unis.

Mais la carte montre bien que comme le dit Arnaud Montebourg « le nucléaire est une filière d’avenir ».

C’est aussi ce qu’en pensent les pays non alignés réunis récemment à Téhéran (sous l’influence de l’Iran donc) qui ont demandé l’accès libre à l’énergie nucléaire. Non sans arrières pensées bien entendu. Mais on ne peut réduire cette résolution à ces desseins iraniens.

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