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J’adore quand les experts qui n’ont rien vu arriver, nous expliquent ensuite ce qui se passe

Japon .. le débat sur le nucléaire

Classé dans : Fukushia Daiichi — 8 mai, 2012 @ 8:36

Japon .. le débat sur le nucléaire dans Fukushia Daiichi Centrales-nucléaires-au-Japon-206x300

Fukushima Daiichi …  le nucléaire et la politique énergétique au Japon

Le premier point qu’il est nécessaire de souligner et qui pèse au Japon comme en France, est que la politique énergétique et son secteur qui est appelé à grandir en proportion (voiture électrique, transports, .. malgré les RT du bâtiment notamment la RT2012 qui pratiquement impose les chaudières à gaz pour les copropriétés), la production d’électricité ne peut se traiter en dehors de l’économie. Au sens large, c’est-à-dire non seulement sur des questions de coût du MWh, mais également en prenant en considération son impact sur l’emploi, sur les activités industrielles..

Il y aurait également un autre point qu’il faudrait prendre en compte honnêtement, c’est le nombre de morts causées par cette activité industrielle vis-à-vis d’autres secteurs comme la Chimie, les mines de Charbon.. Sur ce plan, les statistiques sont très en faveur du nucléaire. Il est vrai qu’elles ne disent pas tout, on parlera ainsi des décès différés après irradiation et mal pris en compte par l’épidémiologie ou certaines inconnues (qui se réduisent fortement en ce moment) sur l’effet des faibles doses biologiques par exemple. Mais la situation est bien pire au niveau de la Chimie, omniprésente dans notre vie.

Au Japon, le dernier réacteur en service, le réacteur n° 3 à la centrale de Tomari, Hokkaid, vient d’être arrêté le 6 mai dernier.

Ce n’est pas un arrêt définitif, comme pour 49 autres réacteurs, puisque l’arrêt sans retour passe par une procédure de déclassement qui ouvre la voie à la phase de démantèlement. Seuls les 4 réacteurs de la tranche n°1 de la centrale de Fukushima Daiichi sont aujourd’hui déclassés. Le planning de démantèlement est ouvert et ses opérations vont commencer bientôt par le déchargement des combustibles neufs et usés de la piscine de stockage de l’unité n° 4.

On notera donc que les réacteurs n° 5 et 6 de la centrale de Fukushima Daiichi sont considérés comme récupérables. Après déchargement des combustibles et réparations de circuits, échanges de joints et de matériels…

Le gouvernement japonais actuel affiche une volonté politique de « sortir du nucléaire », « nuclear free », mais comme il est en charge de réalités et non de fantasmes, il voit cela à assez longue échéance.

Alors qu’en France des prospectives de ce type se basent sur une date charnière de 2050, la réflexion au Japon prend 2030 comme élément de réflexion pour la date charnière.

Le gouvernent japonais est, de plus, confronté à la situation actuelle. Le manque nucléaire est compensé par une très forte utilisation du gaz naturel et d’importantes économies d’énergie. Il sait que si les deux réacteurs d’Oi, Préfecture de Fukui une région très industrialisée, ne redémarrent pas avant la pointe de consommation électrique de l’été, il y aura un manque de production qui conduira à des blacks out électriques. Il faut savoir aussi que jusqu’à présent 19 réacteurs nucléaires ont passé l’épreuve des « stress tests ». Et il y a aussi le cas des réacteurs en construction dont certains sont près de l’achèvement des travaux. Donc la volonté immédiate du gouvernement est de remettre en service ces deux réacteurs nucléaires, ouvrant ainsi la voie à un redémarrage de plus grand ampleur du nucléaire.

Dans cette marche vers la remise en service, une importante réunion va avoir lieu bientôt à l’assemblée de la Préfecture de Fukui, où les élus vont recevoir les explications de la NISA et de la compagnie Kansai qui gère la centrale d’Oi. L’accent sera mis sur les nouveaux critères de sûreté qui vont au-delà des « stress tests ». L’assemblée à l’avis de laquelle le responsable de la Préfecture, Issei Nishikawa, se rangera, verra également les responsables locaux concernés directement par la centrale, notamment ceux de la ville d’Ohi.

Naturellement, des réunions d’experts dessinent des scénarios pour cette échéance de 2030.

Il y en a 4 :

_ Une option avec zéro nucléaire

_ Une part du nucléaire de 35 % finalement plus haute que ce qui existait avant les accidents nucléaires de Fukushima Daiichi (26% pour l’année fiscale 2010) mais moins que ce qu’avait prévu le gouvernement d’alors avec la construction de 14 nouveaux réacteurs (dont certains sont presque achevés donc). Ces constructions et mises en service auraient conduit à une part du nucléaire de 53 %.

[Qui montre l’absurdité de ce genre de considération, puisque ce qui est inacceptable au Japon par les opposants au nucléaire, est un objectif en France pour des responsables anti nucléaires]

_ Et même une option faisant varier la proportion de nucléaire et analysant les conséquences sur l’emploi et l’économie nationale.

A cela s’ajoute le vieillissement des réacteurs et leur durée de vie de 40 ans, pouvant être prolongée jusqu’à 60 ans.

Si, au Japon, on déclasse tous les réacteurs à 40 ans, sans en mettre en service de nouveau, la part du nucléaire tomberait naturellement aux alentours de 15 % en 2030.

Comme en France, le gouvernement table sur l’éolien et le Photovoltaïque. Le MWh PV est 4 fois plus cher que celui issu du gaz naturel. Le gouvernement imposerait, dès juillet prochain, une obligation de rachat et un tarif de rachat de cet ordre pour le courant Photovoltaïque.

Tout cela pour aboutir à la conclusion que l’alternative réaliste au nucléaire est constituée par l’utilisation du gaz naturel liquéfié.

Parce que parallèlement le diagnostic de l’impact en termes de prix de l’électricité montre que celui-ci ne pourrait être supporté par les compagnies industrielles et autres, ainsi que par les consommateurs particuliers.

Le Japon qui est en pleine crise économique, craint par-dessus tout, les délocalisations d’entreprises qui peuvent aller ailleurs en Asie où les constructions de chaudières à gaz se multiplient.

Il est amusant de noter que les japonais citent l’exemple allemand, considéré par eux comme très engagé dans les énergies renouvelables, et où des compagnies ont du revoir leurs tarifs devant les protestations d’usagers ce printemps [information pas vraiment relayée en France par les médias]

Voulant tout explorer dans le renouvelable, le gouvernement de Noda, vient d’autoriser l’exploitation de la géothermie [source d’énergie faible] dans l’environnement de parcs.

Mais actuellement le Japon utilise de manière massive les centrales thermiques. Ce qui nuit grandement à son équilibre commercial [le japon qui vivait jusqu’à présent avec des excédents commerciaux est maintenant dans une situation de déficit qui s’alourdit].

Voila le contexte dans lequel se déroule le débat au Japon, où l’on voit que l’on est très loin du zéro nucléaire.

Les deux mois à venir vont être riche d’enseignements et plus encore la période estivale si l’opposition anti nucléaire empêche la relance des réacteurs d’Oi.

 

 

 

 

 

An example of latin Jazz ….

Classé dans : Music — 7 mai, 2012 @ 10:44

Chano Dominguez and Paquito D’Rivera play a major composition of Ahmad Djamal .. Poinciana

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Could have been Carlos Jobim (not a so good piano player although) and Stan Getz  as well. Many jazz players have been seduced by the latin music, the sound and the rythms.

 

Le Flamenco Danse, Chant,Guitare

Classé dans : Music — 6 mai, 2012 @ 12:02
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Une danseuse du Flamenco moderne que l’on a pu voir récemment sur Arte dans le spectacle « Flamenco Hoy »

Extrait du film de Carlos Saura. Avec à la fin une chorégraphie superbe sur la chanson de Luz Casal « pensia en mi » interprétée par la chanteuse gitane de la séquence flamenco précédente.

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Le très bon pianiste est Chano Dominguez, jazz latino, complice de Paquito D’Rivera entre autres.

Flamenco d’aujourd’hui. Cette expression culturelle, qui est représentée dans la première séquence (forme Solea au début) dans sa diversité complète, – Danse, chant, guitare – est un mélange de plusieurs origines culturelles: Inde, pays Arabe, Espagne. Le chant est imprégné d’influence arabe, notamment celui, quotidien, du muezzin, mais à son sommet, il porte les accents gitans et leur intonation de voix si particulière.

Les mouvements de mains sont clairement d’influence indiennne, quand le port de tête et l’attitude générale sont espagnols.

La musique est certainement l’élément qui intégre le plus, dans une vraie fusion, les cultures juives, arabes et espagnols.

Les artistes eux-mêmes ont une hiérarchie qui n’apparait pas toujours comme évidente au spectateur, particulièrement quand le guitariste s’appelle Paco de lucia. Le chant est au centre de l’expression flamenca.

Dans des interviews Paco de Lucia, archétype de la guitarre flamenca gitane, bien qu’il ne soit pas lui-même d’origine gitane, rappelle cet élément de base et évoque toujours son admiration pour le chanteur Camaron de la Isla, qu’il accompagnait souvent et dont l’enterrement a rassemblé une foule énorme en Andalousie. 

Parmi les formes les plus orthodoxes du flamenco, notamment gitan, il y la Solea, plutôt solennelle et les Bulerias au rythme endiablé. Les tangos sont plutôt du nord. La rumba flamenca gitana est le type le plus connu, mais pas le plus profond.

Si l’on s’intéresse à cette musique il faut écouter  Paco de Lucia jouer une buléria, à la structure thématique de référence:

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Ce n’est pas seulement un jeu de guitare flamboyant et virtuose, mais aussi l’expression d’un esprit, d’une âme… cette musique chaude et prenante, au rythme complexe, jaillit d’une terre aride où il faut vivre, aimer, mourir. Elle est l’expression même de tout ce qui constitue une vie humaine dans des lieux difficiles. Elle signifie que même dans ce contexte, la communauté humaine est capable de s’élever culturellement vers des sommets.

Il est donc parfois difficile d’imaginer que le jeu de la guitare soit seulement un accompagnement. En fait cela ne l’est pas totalement. Le chant de la guitare, dans des improvisations structurées, pousse les danseurs et répond au chant, qu’il souligne dans les moments les plus intenses.

Cette forme culturelle qui, vu sous l’angle sensible de l’intégration a une dimension exemplaire, a tendance aujourd’hui à se diversifier par un retour à ses racines qui sont l’intégration de plusieurs influences. Il y a donc maintenant un flamenco arabe, qui ne fait qu’accentuer une composante déjà existante.

La danse s’enrichit sans perdre son authenticité.

Le Flamenco est donc bien vivant.

 

 

Fukushima Daiichi .. les premiers instants des accidents nucléaires …

Classé dans : Fukushia Daiichi — 4 mai, 2012 @ 5:41

Ci-joint  fichier pdf Fukushima Daiichi les premiers instants des accidents nucléaires

une analyse du rapport détaillé que la Tecpo a publié en décembre 2011, sur la chronologie des accidents nucléaires de Fukushima Daiichi, lors des premiers jours, et ses actions propres pour maîtriser la situation et finalement réduire l’ampleur des accidents sur les réacteurs et remis au gouvernement japonais et à la NISA, – sûreté japonaise -.

Il est destiné aux analyses des experts qui doivent répondre aux questions fondamentales qui se posent à propos de ces accidents sur les réacteurs nucléaires et les stockages de combustibles usés. Il doit aussi permettre de concevoir des mesures de sûreté passive et de sécurité, dont un certain nombre auraient conduit à limiter la gravité et les conséquences des phases d’accidents nucléaires graves qui se sont déroulées sur le site de Fukushima Daiichi.

Une première phase de ce travail a été réalisée par la NISA et a servi de base aux exigences du gouvernement japonais, en matière de sûreté, conditionnant le redémarrage des réacteurs nucléaires N° 3 et 4 de la centrale d’Oi gérée par la compagnie Kansai.

En tous les cas ce rapport qui peut se lire comme un roman à suspense, fait justice des arguments mal  intentionnés, qui paraissent particulièrement odieux lorsque l’on connait la réalité des faits, ayant été mis en avant en France, sur l’attitude soi-disant passive de la Tepco dans les premiers instants qui ont suivi le grand séisme et le tsunami du 11 mars 2011.

Le grand séisme Tohoku

Le mercredi 11 mars 2011 un grand séisme secoue la région du Tohoku au Japon. Sur le site de Fukushima Daiichi où ses sollicitations vibratoires arrivent à 14 h 46, il est d’une violence inhabituelle. Le japon en entier a bougé. En termes d’accélérations horizontales et verticales au pied des bâtiments réacteurs, il est au niveau du séisme de sécurité, Ss, pris en compte dans les calculs pour établir la tenue des installations à ce cataclysme naturel. Et dépasse parfois un peu ce Ss au niveau de 3 bâtiments sur 6.

Si ce rapport de la Tepco a un certain aspect de roman, c’est qu’il parle aussi des hommes. Il décrit pudiquement la peur qui s’est emparée de tous les travailleurs du site, des techniciens aux responsables de la centrale, entretenue par de nouvelles secousses sismiques et des alertes au tsunami. Il parle de responsables qui donnent des consignes en tremblant. Il évoque l’angoisse des personnes retenues sur le site et qui sont sans nouvelles de leurs proches qui habitent dans des zones touchées par le tsunami. Enfin, il détaille, souvent pour des considérations techniques mais pas seulement, les conditions de travail et d’interventions des techniciens.

Notamment pour le câblage de raccordement d’alimentations électriques extérieures aux tableaux de distribution électrique des bâtiments turbine, alors que l’eau primaire a déjà coulé sur le sol et que les techniciens doivent travailler dans une eau contaminée qui arrive jusqu’au haut de leurs bottes, avec un risque supplémentaire d’électrocution. Ainsi que pour les manœuvres manuelles de vannes, les vérifications de circuit et d’instrumentation, …

Enfin, il y a un suspense que l’on pourrait trouver haletant au niveau d’une fiction, mais qui, ici, prend une vraie tournure dramatique, même en connaissant l’issue plutôt favorable qui a conduit à une maîtrise de la situation reconnue officiellement au Japon en juillet 2011, ainsi que par la sûreté américaine… et qui a été passée sous silence en France.

En fonction de problèmes spécifique sur chaque unité, dégâts du séisme et du tsunami, manœuvres difficiles de vannes essentielles pour des actions de refroidissement, ce suspense éclate entre les unités.

La situation est immédiatement plus tendue sur l’unité n° 1, à cause de problèmes rencontrés immédiatement après le grand séisme sur les circuits de refroidissement. Le Black Out du site occasionné par l’arrivée des vagues du tsunami aggrave considérablement les choses. Dès les premières heures du 12 mars on est déjà entré dans la phase d’accident grave avec la fusion du cœur. L’ambiance de radioactivité du site augmente dès l’aube. Cela conduit le gouvernement à ordonner l’évacuation des populations dans la zone des 10 kms. La veille au soir la Préfecture de Fukushima avait déclenché le départ des habitants des villes de Futaba et d’Okuma située dans un rayon de 3 kms de la centrale nucléaire.

A 15 h 36 ce 12 mars, une explosion d’hydrogène souffle les superstructures du bâtiment réacteur n° 1 au-dessus du 5 ème niveau. Cet hydrogène provient de l’enceinte drywell et est passé par le joint supérieur de celle-ci. La radioactivité sur l’espace de la centrale augmente encore. Une balise près de l’unité 4 enregistrera un débit de doses de 1 milisievert/heure.

Les réacteurs 2 et 3 suivent le même processus accidentel, avec un délai résultant de meilleures conditions de refroidissement que le réacteur 1. L’unité 3, où à priori les conditions étaient les plus favorables sur le réacteur, va être à l’origine des plus gros problèmes accidentels et des importants rejets de radionucléides dans l’environnement terrestre. Une très forte explosion d’hydrogène se produit dans le bâtiment réacteur 3 à 11 h 01 le 14 mars. Sur le réacteur n° 2 le seul circuit de refroidissement opérationnel cesse de fonctionner en début d’après midi du 14 mars. Peu après des répliques sismiques secouent le site pendant une heure environ. Le cœur du réacteur est dénoyé peu après et les pressions dans les cuves réacteur et enceintes montent sans que des manœuvres de vannes puissent les contrôlées. Puis le cœur fond et il se forme un corium. L’envoi d’eau par injection sur le corium en fusion provoque sans doute une (ou des) explosion(s) de vapeurs. L’enceinte réacteur partie drywell de cette unité 2 est vraisemblablement rompue mécaniquement par augmentation de pression vapeur le 15 mars vers 6 heures du matin. Une partie du corium est sûrement passé à travers le fond de cuve, au niveau des traversées de tubes guides, – barres de contrôle, instrumentation-.

Sur cette unité 2, bien qu’une importante quantité d’hydrogène ait été générée, il n’y a pas eu d’explosion dans le bâtiment réacteur.

Les évènements les plus violents, – explosion d’hydrogène mais aussi sans doute une excursion neutronique soit dans le réacteur lui-même ou peut-être plutôt dans la piscine de stockage des combustibles usés, ont concerné l’unité n° 3. L’excursion neutronique a notamment envoyé  un peu de Plutonium, en proportion très faible mais notable, sur le sol du site.

C’est aussi ce réacteur 3 qui est à l’origine de l’explosion d’hydrogène qui se produit dans le bâtiment réacteur n° 4, sous la piscine de stockage des éléments combustibles usés et qui la déstabilise, le 15 mars vers 6 heures du matin. L’hydrogène qui faisait partie d’un écoulement où il y avait aussi des radionucléides issus du réacteur n° 3, est arrivé par un circuit de traitement des gaz, y compris l’air, donc cet écoulement pouvait être distribué dans le bâtiment réacteur de l’unité 4 par le circuit de ventilation, qui a un point commun avec celui du bâtiment réacteur n° 3 au niveau de la base de la cheminée de rejets atmosphériques commune aux unités 3 et 4.

Les unités 5 et 6, à l’arrêt et avec une puissance résiduelle beaucoup plus faible, ont été un peu touchées. Des fuites d’eaux faiblement radioactives régulières, résultant de ruptures de gaines combustibles sûrement, affectent ces unités. Mais avec l’aide providentiel d’un unique diésel de secours, sur trois, ayant survécu au tsunami dans le bâtiment turbine de l’unité 6 le refroidissement des réacteurs 5 et 6 et des piscines de stockage a pu être rétabli assez vite.

L’espoir de pouvoir remettre en service ces réacteurs nucléaires, qui ne sont pas déclassés, après déchargement des éléments combustibles et réparation des circuits, est bien réel.

Conclusion

Il faut d’abord rendre justice et hommage aux responsables et techniciens de la Tepco du site de Fukushima Daiichi.

Il clair que sous la violence des phénomènes naturels qui ont frappé le site, faisant peur à des personnes, y compris les responsables, pourtant habituées aux secousses sismiques, aux typhons .., la tentation de s’enfuir a saisi brièvement une partie du personnel. Mais le rapport montre que la lutte contre l’enchainement fatal des séquences d’accidents graves sur les réacteurs et les piscines de combustibles usés, s’est immédiat mise en place.

Ce qui se passait au-dessus entre le gouvernement et les dirigeants de la Tepco n’a pas eu de répercussions importantes sur le site, où le super intendant responsable, Masao Yoshida, a assumé sa charge, comme l’ont fait l’ensemble des techniciens opérationnels pour les interventions délicates que les situations de détérioration rencontrées exigeaient dans toutes les unités de la centrale.

La présence physique et morale du gouvernement sur le site pendant ces instants décisifs du développement des accidents a été très ponctuelle. Celle de sûreté japonaise NISA quasi nulle.

Tout n’est sûrement pas dit, mais on sent tout de même que les travailleurs du site et leurs responsables ont été livrés à eux-mêmes. On ne s’étend pas sur le fait que le responsable Tepco de la centrale a du prendre lui-même  l’initiative d’injecter l’eau de mer dans les réacteurs, ce qui a sauvé la situation de sa pire conclusion qui était donc de retrouver 3 corium en fusion sur les radiers en béton des unités 1 2 et 3.

On comprend que les conditions de travail des techniciens étaient terribles. En particulier l’ambiance de radioactivité sur les lieux de leurs interventions n’a cessé de monter en intensité.

L’impression générale est aussi que les techniciens n’ont pas été envoyés travailler lorsque les conditions étaient extrêmes, – répliques sismiques, pics de radiations, .. -.

Un bilan général des doses d’irradiation intégrées jusqu’à mars 2012 concernant tous les travailleurs du site, à l’exception d’une dizaine de travailleurs en sous-traitance et pour des participations courtes que la Tepco cherche d’ailleurs à contacter pour cette question, vient d’être livré par cette compagnie.

Il est dans la logique dramatique des accidents que les techniciens de la Tepco, les spécialistes qui sont intervenus dans les bâtiments turbine et éventuellement réacteurs ainsi que sur les eaux très radioactives, soient ceux qui aient été les plus exposés.

Dans le bilan officiel, qu’il est permis de mettre en doute étant donné les niveaux de doses de radiation évoquées mais en ayant la preuve qu’il n’y a pas eu, pendant plus d’un an, de manifestations de symptômes aigus d’irradiation, seul 6 techniciens de la Tepco sont au dessus des 250 millisieverts, dont 2 au alentour de 600 millisieverts. 3 sont entre 200 et 250 millisieverts. 161 techniciens sont entre 100 et 200 millisieverts. Tous appartiennent à la Tepco.

Le bilan total jusqu’à mars 2012 inclus, porte sur plus de 21.000 travailleurs. La très grande majorité n’a pas dépassé les 10 millisieverts.

C’est un bilan global étonnement bas qui intègre sûrement une gestion prudente des expositions des techniciens dans la planification des taches qu’ils ont du accomplir.

A la question de savoir si le grand séisme Tohoku seul a créé les conditions d’accidents nucléaires irréversibles, la réponse est non, bien que des dommages sérieux aient été initiés sur les circuits de refroidissement et d’autres matériels, dans la fissuration de bétons,..

Est-ce que compte tenu des conditions extrêmes avec le black out du site, notamment, les fortes répliques sismiques, les menaces de nouveaux tsunamis, les doses d’irradiations qui augmentaient, la dégradation des conditions de travail et particulièrement la montée des eaux dans les bâtiments turbine, ainsi que des lacunes de la sûreté sur cette centrale nucléaire, les responsables et techniciens de la Tepco pouvaient éviter les dégradations des cœurs, les problèmes dans les piscines de stockage, particulièrement celle de l’unité 3, qui ont conduit aux fortes émissions de radioactivité dans l’environnement, pas loin de Tchernobyl ?

La réponse est également non. Il faut aussi considérer que les situations accidentelles étaient très difficiles à gérer en l’absence de connaissances expérimentales ou par des moyens de calcul [à ce niveau les défaillances du gouvernement et de la sûreté japonaise ont pesé lourd], des évolutions exactes des dégradations et de leurs conséquences dans les trois réacteurs aux cœurs en fusion. Les conditions extérieures au site, la dégradation générale des communications et des moyens de transport, la mobilisation de forces sur des lieux ravagés par le tsunami, ont également constitué des éléments très défavorables.

Livrés à eux-mêmes les travailleurs de la centrale nucléaire ont réussi à éviter le pire.

 

 

Appel pour la science, la raison et la poursuite du programme nucléaire français

Classé dans : Recherche — 21 avril, 2012 @ 2:19

Cet Appel dont on rappelle ci-dessous quelques paragraphes clés, peut se trouver plus loin sur ce Blog.

« Depuis les années 80 la France s’est détournée de son industrie et la méfiance envers la science et la technologie y est apparue au tournant des années 90. Nous en payons aujourd’hui le prix avec un lourd déficit commercial, un chômage qui s’aggrave et le fait que les jeunes se détournent des professions scientifiques et techniques.

La politique et les idéologies interviennent maintenant directement dans le domaine scientifique. C’est le cas pour la jeune science du climat. Cela l’est aussi sur des sujets complexes comme l’effet biologique des faibles doses de rayonnement, où l’idéologie impose des règles ultra conservatives au niveau des lois sur les dommages biologiques créés et nie les avancées de la science telle que la mise en évidence d’un seuil pour leur nocivité. Il en est ainsi pour les recherches sur les OGM et les nanotechnologies et pour d’autres thèmes hors de notre propos. »……

« Avant le débouché (hypothétique dans le temps) de la fusion nucléaire contrôlée et en l’absence de moyens de stockage de l’énergie, avec l’appauvrissement hors charbon des réserves fossiles, la fission  nucléaire va être, pour encore quelques décennies, un acteur de plus en plus important du domaine de l’énergie. Par exemple, le Japon même, malgré les réticences de la population, n’abandonne pas son industrie nucléaire. La Russie qui vendra encore plus de gaz naturel à l’Europe si celle-ci arrête ses réacteurs, développe son programme nucléaire.

Pour l’extraction optimum de l’énergie potentielle de l’Uranium, et éventuellement du Thorium, il est nécessaire de passer rapidement à la génération IV de réacteurs nucléaires, c’est-à-dire les réacteurs « rapides » en premier lieu. Pour simplifier nous dirons du type Super Phénix et BN600 russe.

Nous appelons donc les « citoyens » que l’on sollicite pour l’éventuelle mise à mort du nucléaire en France, à rejeter cette option suicidaire. Pour eux-mêmes et leur pays. »

Cet Appel qui date de début décembre 2011 n’a pas perdu de sa valeur et il est régulièrement signé.

Le fichier .pdf joint donne l’état des signataires à la date mentionnée.

fichier pdf Appel pour la Science .. et signataires … 20 avril 2012

Dans les mois qui vont suivrent l’élection présidentielle, il va être de plus en plus d’actualité.

Si vous désirez signer cet Appel:

 

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Fukushima Daiichi … les piscines de stockage d’éléments combustibles ..

Classé dans : Fukushia Daiichi — 19 avril, 2012 @ 8:52

Parmi les premières actions planifiées dans le cadre du démantèlement des unités de 1 à 4 sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi il y a l’extraction des éléments combustibles de la piscine de stockage de l’unité 4.

Rappelons que cette piscine a été ébranlée et endommagée par l’explosion de l’Hydrogène qui venait de l’unité 3. Il a été constaté que ses combustibles étaient pratiquement intacts. La structure a été renforcée et a bien résisté à d’autres séismes qui ont secoué le site de Fukushima Daiichi. Parfois, à cause de problèmes sur le circuit, le refroidissement est interrompu pour réaliser des interventions sans que cela entraine de problèmes sur les éléments combustibles.

[Dans une réponse à SLC, Sauvons le Climat, Eva Joly, je cite, dit ceci : « C'est un pays qui a failli évacuer sa capitale, qui a encore un risque de devoir le faire si par malheur un séisme supplémentaire conduisait à perdre le contrôle précaire de la piscine du réacteur numéro 4 ». Ce qui montre qu’elle ne prend pas la peine de s’informer correctement de la situation réelle à Fukushima Daiichi. Ici, l’idéologie forcenée efface même la culture d’une juge]

C’est donc cette piscine de l’unité 4 qui va faire l’objet de la première action de démantèlement. Le planning de démantèlement prévoit une récupération des éléments combustibles dans l’année à venir.
Des inspections prospectives ont déjà été effectuées.
Une grue pour retirer le combustible va bientôt être installée et il est prévu de couvrir, avec une étanchéité contrôlée avec des filtres, la partie haute du bâtiment réacteur afin de limiter les rejets atmosphériques de radionucléides pendant la manutention du combustible.

Si madame Eva Joly s’inquiétait vraiment de la situation des piscines de stockage, elle s’intéresserait plutôt à la situation de la piscine de l’unité n° 3.

Sur la base de faits caractéristiques,  j’avais dès le début émis l’hypothèse qu’il y avait eu une excursion neutronique dans cette piscine. Cette piscine, comme les autres, est située en haut du bâtiment réacteur au 5ème niveau. Il y a eu une violente explosion d’hydrogène à ce niveau avec de l’hydrogène qui pouvait provenir du réacteur, mais qui, suivant une hypothèse vraisemblable, pouvait aussi avoir été émis par les éléments combustibles qui étaient stockés dans la piscine. Cela reste des déductions personnelles pour l’instant non partagées. Mais en tous les cas la réalité de problèmes sérieux sur cette piscine est bien montrée par les photos, ci-dessous, que la Tepco vient de publier:

Fukushima Daiichi ... les piscines de stockage d'éléments combustibles .. dans Fukushia Daiichi Spent-fuel-storage-unit-3-Photo-Tepco2-300x243  Piscine de l’unité 3   Photo Tepco

Structure métallique déformée tombée dans la piscine.

Spent-fuel-unit-3-refueling-structure-300x225 dans Fukushia Daiichi  Photo Tepco

Piscine de stockage de l’unité 3, partie de pont de manutention tombée dans la piscine

Dans le cadre du futur démantèlement du réacteur, une inspection avec un robot, photo ci-dessous, va être effectuée dans le bâtiment réacteur n° 2, afin de vérifier l’état de l’enceinte, drywell, et du tore de suppression de pression, wetwell.

Pour pouvoir intervenir dans la cuve du réacteur il sera nécessaire de réparer ces deux parties d’enceinte pour rétablir leur étanchéité de manière à pouvoir remplir la cuve primaire d’eau qui servira de protection.

Robot-pour-inspection-300x187

Robot de 50 cm muni de caméras et de dosimètres

L’arrêt froid « coldshutdown » est maintenant bien établi semble-t-il. Cela n’exclut pas quelques problèmes comme les fuites d’eaux, mais les mesures régulières de contamination atmosphérique montrent que les rejets dans l’atmosphère d’aérosols radioactifs sont quasiment inexistants.

Le sujet très important de la limitation des doses biologiques intégrées par les techniciens au cours de leurs travaux est ainsi sûrement mieux maîtrisé.

C’est un point sur lequel j’avais quelques doute, mais le temps écoulé sans une manifestation de problèmes de santé clairement liés aux irradiations chez les techniciens, dont un petit nombre, < 10,  a dépassé les 250 millisieverts, montre que le problème des conditions de travail a été traité au mieux.

Quant aux populations concernées par les irradiations et les consommations d’aliments provenant des zones aux importantes retombées radioactives, il faut constater, avec un certain étonnement c’est clair, qu’elles s’en sortent également au mieux. Le nécessaire suivi médical semblant aussi avoir été correctement mis en place.

Il faut dire que les normes de contaminations radioactives des aliments, à 100 Becquerels par kilo maximum, sont maintenant d’un  niveau très bas. D’autant que cela concerne principalement les isotopes radioactifs du Césium qui n’ont pas un très long temps de séjour dans le corps.

Fukushima Daiichi … vers un rédemarrage du nucléaire au Japon..

Classé dans : Fukushia Daiichi — 15 avril, 2012 @ 9:05

La poésie et la célébration de la beauté de la nature, dont les japonais cherchent une captation formelle à travers leurs parcs notamment, sont des activités culturelles très vivantes au Japon.

Fukushima Daiichi ... vers un rédemarrage du nucléaire au Japon.. dans Fukushia Daiichi Parc-japonais-300x207

Cela et d’autres choses, dont le respect des anciens et le culte des ancêtres assurent au Japon une forte cohésion nationale. Il y a déjà quelque temps un important journal japonais avait mis en valeur l’information sur une lettre de Beethoven, émise de Vienne, qui venait d’être retrouvée. Et dans laquelle celui-ci se plaignait de sa situation financière. Les japonais sont donc intéressés et imprégnés par la culture en général.

Ceci dit pour tenter d’expliquer les différences qu’il peut y avoir entre l’opposition, majoritaire maintenant, du peuple japonais au nucléaire et nos principaux mouvements anti nucléaires.

Je ne veux pas m’aventurer ici sur le terrain politique, mais il n’est pas possible de ne pas souligner le fait que l’anti nucléaire, en France, s’accompagne souvent d’une volonté de diviser notre nation et de détruire notre pays en commençant par son Etat d’abord. Ainsi Eva Joly s’est clairement prononcée pour une liquidation de l’Etat et pour ce qu’il faut bien qualifier de morcellement de notre pays en provinces, qui concernent aussi l’Espagne d’ailleurs, qui seraient placées sous la tutelle des instances « démocratiques » de l’Europe. C’est sûrement ce que Cohn-Bendit qualifierait de rupture avec les politiques « ringardes » du passé. Evidemment, ce ne sont pas des propositions sur lesquelles EELV fait beaucoup de publicité dans la campagne relative à l’élection d’un nouveau président français.

Donc, au Japon, dans la bataille d’Ohi dont l’enjeu est le redémarrage des réacteurs n° 3 et 4 avant l’été, les arguments opposés ou favorables sont proches des réalités matérielles.

La volonté affichée du gouvernement japonais qui est de sortir le Japon de sa dépendance au nucléaire au plus vite, est confrontée à la perspective de la forte demande d’électricité qui se profile l’été prochain, avec le précédent de l’été 2010 où des sommets ont été atteints.

Pour comprendre le problème au Japon, il faut avoir aussi une idée de la production de l’électricité et de l’organisation qu’il y autour de cette activité dans ce pays.

Le réseau électrique japonais et d’abord diviser en deux sous réseaux aux fréquences différentes (50 Hz et 60 Hz). On conçoit que les échanges de courant électrique entre ces deux réseaux ne soient pas évidents. Ils passent par une étape de conversion en courant continu.

Dix compagnies privées ou semi publique, ainsi la Kansai electric power company, qui gère la centrale d’Ohi, Préfecture de Fukui,  a-t-elle comme actionnaire la ville d’Osaka, celle de Kyoto et d’autres, à hauteur de près de 10%, produisent de l’électricité et la distribuent pour des régions bien précises. La compagnie HEPCO, Hokkaido, possède le dernier réacteur actuellement en fonctionnement à la centrale de Tomari. La plus importante est la fameuse Tepco qui fournit notamment Tokyo en électricité.

Le maire d’Osaka, Toru Hashimoto, est un opposant éminent à la remise en service de ces 2 réacteurs de la centrale d’Ohi. Il a essayé d’utiliser sa qualité d’actionnaire de la compagnie Kansai sans vrai succès et il vient d’énoncer 8 conditions pour donner son accord à cette reprise de fonctionnement.

Il faut rappeler que le gouvernement a lui-même défini un certain nombre de critères de sûreté et de sécurité allant au-delà des « stress tests » et basés sur les analyses et propositions de la NISA, sûreté japonaise certes discréditée, ce qui contredit l’argument de mesures établies hâtivement, qu’il a demandé à la Kansai de satisfaire.

Le retour de la Kansai étant apparemment positif, le gouvernement japonais, dans une formation restreinte, – le premier ministre Yoshihiko Noda,  le secrétaire de cabinet  Osamu Fujimura, le ministre de l’Industrie Yukio Edano et le ministre en charge de la gestion de la crise nucléaire Goshi Hosono-, vient de décider du redémarrage des réacteurs n° 3 et 4 de la centrale d’Ohi.

Cette décision met finalement en évidence l’aspect incontournable, formellement on ajoutera pour le moment (un moment qui risque de durer), du nucléaire au Japon.

Le gouvernement a en effet considéré que le déficit de production cet été, – sur la base d’un été chaud-, serait de l’ordre de 18% dans la région desservie par la compagnie Kansai. Compte tenu des difficultés d’échange, la perspective de « black out » électrique que le gouvernement japonais ne pourrait se permettre dans le climat général de difficultés pour le pays, a énormément pesé.

Il faut ajouter qu’au Japon actuellement, environ 70% de la production électrique est assurée à partir du Fuel et surtout du Gaz naturel. Outre la facture du commerce extérieur, il faut bien comprendre que certaines de ces chaudières à flamme sont vieilles et qu’elles ne sont pas conçues pour fournir du courant en « Base ».

Un des questions de fond sur le nucléaire, tourne autour de la question de savoir si l’on peut éviter les accidents nucléaires graves, et s’il est possible de les maîtriser sans dommages importants s’ils surviennent.

On a tout de même, pour le grand séisme et le tsunami du 11 mars 2011, l’exemple de la centrale d’Onagawa, qui comprend 3 réacteurs nucléaires de type BWR assez récents et qui était très exposée lors de ces cataclysmes et des fortes répliques du séisme, notamment en avril 2011.

La ville d’Onagawa, photo ci-dessous, enchâssée dans des collines a été dévastée par le tsunami. L’eau est montée jusqu’au 4 ème étage d’immeubles. Il y a eu de nombreux morts et disparus.

Onagawa-town-after-the-tsunami-300x236 dans Fukushia Daiichi

Grâce à une digue dimensionnée en prenant en considération un tsunami du 9 ème siècle, ainsi qu’une bonne résistance au séisme (la réplique d’avril a été du niveau 7.1 sur l’échelle de Richter, l  es réacteurs de la centrale, y compris le plus ancien qui date des années 80, a bien résisté. Il faut dire aussi que l’alimentation électrique extérieure n’a pas été perdue pour ce site.

Ainsi les questions essentielles qui se posent pour le retour au nucléaire :

- Le nucléaire est-il incontournable ?

- Peut-on arriver à un très haut niveau de sûreté, en prenant en compte les expériences du passé et en faisant un nouvel effort ?

semblent avoir rassemblé des réponses positives au Japon.

 

Les fuites d’eaux radioactives

Sur le site de Fukushima Daiichi, le 6 avril dernier une fuite d’eau a été repérée sur l’étage de désalinisation, qui utilise la technologie de RO (Reverse Osmosis, la technique la plus prometteuse en matière de dessalement d’eau de mer, parce qu’elle est la moins coûteuse en énergie, – optimum thermodynamique à 1 KWh par m3 d’eau douce m’a-t-on dit, alors que sur BN350 réacteur « rapide » de l’ancienne URSS, on était à plus de 100 KWh par m3, très loin de l’optimum néanmoins). Par le système de drainage, 12  m3 d’eau de ce circuit de purification ont ainsi été déversée dans l’espace marin du front de site. Cette eau était déjà passée dans l’étage de piégeage du Césium radioactif, mais contenait d’autres radionucléides en très faible quantité (après de multiples passage dans la cuve primaire et les enceintes, les eaux se chargent de moins en moins en produits radioactifs. Si bien que l’activité mesurée au niveau de la tuyauterie de rejet dans la mer était négligeable.

Et, puis il y eu ce que la presse, en France, a qualifié de fuite d’eau radioactive sur un réacteur PWR à Penly [où un projet d’EPR est actuellement en suspend].

L’analyse de cet accident de niveau 1, -le plus bas-, par l’ASN, agence de sûreté, a montré qu’il s’agissait en fait de la simple augmentation d’un débit de fuite au niveau de paliers sur une pompe du circuit primaire. Cette fuite étant normalement récupérée dans le cadre du circuit primaire, il n’y avait dons pas de fuite d’eau, d’ailleurs peu radioactives, vers l’enceinte du réacteur qui constitue sur les PWR une barrière vers l’extérieur. Le problème est d’assurer l’étanchéité vis-à-vis d’un circuit à très forte pression sur un dispositif, l’arbre de pompe primaire, tournant. Ceci est obtenu au moyen d’une fuite contrôlée par des chicanes.

En fait, le gros de l’analyse de sûreté, dans la mesure où il y a toujours un risque réel qu’un incident mineur se transforme en accident grave, consiste à vérifier que les procédures ont été bien appliquées.

Malgré quelques problèmes de vannes, cela a été le cas.

Donc, il n’y a pas lieu de grossir démesurément ce problème de niveau 1.

Arrivederci Roma

Classé dans : Non classé — 29 mars, 2012 @ 11:08
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La grande civilisation romaine s’est peu à peu délitée et dissoute, dépassée par l’immensité de son territoire, ses problèmes d’intégration, ses dégradations internes..

Ce lent déclin ne s’est évidemment pas développé sans que des hommes le comprennent, l’analysent, proposent des mesures, nécessairement plus radicales au fil du temps, donc moins accessibles, pour inverser la tendance.

Mais les responsables politiques ont pratiqué la fuite en avant.

On a la triste impression de vivre quelque chose de semblable en Europe actuellement.

Alors que l’Euro est un fiasco magistral qui n’a pas mis 10 ans à se révéler comme tel, et surtout que l’application d’un néo libéralisme quasiment intégriste conduit les pays européens à la ruine (hors l’Allemagne provisoirement), les dirigeants européens de tout bord s’enfoncent dans cette voie mortelle.

Ainsi la presse japonaise qui s’intéresse de près à l’avenir de la zone euro vient-elle de faire ses titres avec l’accord des pays européens (sans consultation des peuples qui sont pourtant concernés au premier chef, ne serait-ce que sous l’aspect dette publique) pour l’extension du fonds dit de solidarité européen, le EFSF (european financial stability facility). Celui-ci serait porté à 940 milliards de dollars. Et l’accord devrait être finalisé lors de la réunion des ministres des finances prévue ce vendredi 30 mars.

Si l’on y ajoute le flot d’argent libéré par la BCE vers les Banques (plus de 1000 milliards d’euros depuis décembre 2011), le véritable transfert de charges sociales vers le « consommateur » que constitue la TVA sociale, on constate que la fuite en avant s’accélère.

Dans le même temps en France, en dehors de promesses électorales irréalistes si l’on reste dans le cadre de ce système néo libéral, les véritables causes de la faillite qui nous guette, ne sont pas traitées et s’aggravent. Désindustrialisation, forte régression de l’agriculture et de la pêche, services privatisés qui par leur chèreté, non justifiée, sont une véritable ponction sur le pouvoir d’achat.. L’économie nationale perd ainsi tous ses moteurs.

Sous Sarkozy la dette publique est passée de 1100 milliards d’euros à de l’ordre de notre PIB, soit 1700 milliards d’euros. Le déficit du commerce extérieur s’est lourdement aggravé de 30 millards d’euros par an environ à près de 70 milliards d’euros.

Malgré cette augmentation, il faut souligner que le fonds européen de stabilité est encore très loin de la somme des dettes publiques des pays européens les plus en difficulté, Grèce, Portugal, Irlande, Espagne, Italie, qui se monte à environ 3.500 milliards d’euros.

Dans cet accélération de ses mécanismes nocifs, le système néo libéral met ainsi en avant ouvertement l’élément clé de son pouvoir d’exploitation, en vérité une véritable domination sur les peuples européens. C’est à dire la monnaie.

Il n’y a pas de solution pour sortir de cette spirale infernale sans reprise en main de la monnaie.

Arrivederci Roma People-of-Europe-Stand-up-300x202

 

Fukushima Daiichi … comparaison avec TMI

Classé dans : Fukushia Daiichi,Non classé — 23 mars, 2012 @ 7:22

Fukushima Daiichi ... comparaison avec TMI dans Fukushia Daiichi TMI-300x236   Centrale de Three Miles Island

Cliché US department of energy

L’accident de TMI qui n’a pas été provoqué par un cataclysme naturel, type séisme, est typique d’incidents qui se transforment en accidents graves à la suite d’erreurs humaines.

Il a rapidement été admis que ces erreurs des conducteurs de piles ou techniciens, étaient entièrement dues à une mauvaise conception des tableaux de contrôle qui rassemblent les informations des capteurs de mesures relatifs aux données essentielles pour la conduite du réacteur en situation normale ou accidentelle.

L’incident initial de TMI a été constitué par une panne de pompes de circulation d’eau secondaire des générateurs de vapeur alors que le réacteur était en fonctionnement. Il y a donc eu un problème de refroidissement qui a fait monter la pression primaire. La vanne de décharge du pressuriseur, organe chargé de réguler la pression du circuit primaire, s’est alors ouverte pour la faire baisser.

La réaction en chaine dans le cœur du réacteur a été stoppée par l’insertion des barres de contrôle qui contiennent des absorbants neutroniques. C’est la première action de sûreté qui a été également assurée pour tous les réacteurs en fonctionnement sur les trois sites de centrales nucléaires au japon, Onagawa, Fukushima Daiichi et Fukushima Daini, principalement touchés par le grand séisme du 11 mars 2011. Cette action est fondamentale puisqu’elle prévient d’un accident à la gravité maximum, qui résulterait d’une excursion neutronique incontrôlée [qui s’éteint d’elle-même mais génère néanmoins une énergie importante qui ne peut être contenue par la cuve primaire et son enceinte].

La vanne de décharge est restée ouverte et cette donnée mal transmise sur le tableau de contrôle du réacteur, a été ignorée par les opérateurs. La fuite d’eau primaire au niveau de cette vanne a eu deux effets. D’une part la pression du primaire a continué à baisser et d’autre part elle a constitué une fuite de calories, donc une source de refroidissement locale. Dans le même temps la température de l’eau primaire montait et sa pression baissait. L’eau primaire a commencé à se vaporiser au niveau du cœur.

Ainsi, lorsque le système d’injection de secours a introduit de l’eau dans la cuve primaire, il y avait déjà une forte présence de vapeur dans celle-ci. Donc c’était déjà un peu tard, mais pas trop tard. L’introduction d’eau en présence de vapeur d’eau, engendra un écoulement complexe qui, combiné avec le fait que le pressuriseur constituait un point froid, conduisit au remplissage en eau de celui-ci. D’où une nouvelle erreur de l’opérateur qui arrêta l’injection d’eau de secours manuellement croyant que tout le primaire était en eau puisque le pressuriseur est en point haut du circuit. C’est l’erreur fatale de l’arrêt manuel de l’injection d’eau de secours par l’opérateur qui de plus relance les pompes primaires. A la suite d’une autre erreur humaine indépendante, le système de refroidissement de secours des Générateurs de vapeur n’a pas pu fonctionner. Donc le cœur n’était plus refroidi.

Vint ensuite l’enchainement classique, vaporisation de l’eau, réaction zircalloy/vapeur d’eau, fusion du cœur, celui-ci sera fondu à plus de 30%. Le circuit de décharge du primaire, auquel donne accès l’ouverture de la vanne du pressuriseur, monte en pression, ses disques de ruptures éclatent et de l’eau primaire se retrouve dans l’enceinte.

L’eau se déversant dans l’enceinte étant très contaminée en radionucléides produits par les fissions notamment, les alarmes déclenchées firent comprendre la situation aux opérateurs. Cela se situait environ 3 heures après le début de l’accident [c’est pour décontaminer en césium radioactif les eaux de TMI que la société Kurion a mis au point le procédé qu’elle utilise à Fukushima Daiichi]

Au risque d’une explosion de vapeur [dont le risque était encore plus grand dans les réacteurs de Fukushima Daiichi, au point qu'il est possible que ce type d'explosion qui conduit aussi à une certaine dispersion du combustible ait eu lieu dans un réacteur], les opérateurs reprirent l’injection de secours. Mais le circuit primaire s’est alors ouvert en direction de l’enceinte à chaque fois qu’il était nécessaire de faire baisser la pression primaire. Cela entraina une explosion d’hydrogène, heureusement faible, dans l’enceinte dont l’intégrité fut préservée.

Il fallut encore au moins une dizaine d’heures pour arriver à une situation à peu près stable.

Ainsi, sans séisme et tsunami, à partir d’une perte de refroidissement qui fait partie des évènements incidentels que le réacteur devait normalement surmonter avec son circuit de secours, une conjonction d’erreurs humaines a conduit à un scénario d’accident grave (fusion partielle du cœur) identique à ce que l’on a eu à Fukushima Daiichi dans son déroulement, heureusement contenu à TMI.

Deux éléments ont limité les conséquences de l’accident TMI pour l’extérieur :

* l’arrêt plus précoce de la fusion du cœur parce que la pression du circuit primaire avait été abaissée de telle manière que l’injection d’eau en secours a été possible [à Fukushima Daiichi le circuit primaire est resté à haute pression, presque 80 bars, pendant que les cœurs fondaient entièrement. Et ce ne sont que des ruptures de cuves qui ont fait tomber cette pression permettant ainsi l’envoi d’eau de refroidissement sur les corium]

* dans les PWR à l’inverse des BWR, le circuit primaire est entièrement contenu dans une enceinte. Les montées en pression ayant été limitées et l’explosion d’hydrogène faible [une bonne part de l’hydrogène restant piégée dans le plenum supérieur de la cuve principale et dans les hauts de générateurs de vapeur sans doute] l’enceinte a conservé son intégrité. Seule une très faible partie de la radioactivité a été rejetée dans l’environnement.

Sur le fond, ce qui a  joué finalement, c’est le fait que les PWR (REP maintenant en France) sont un peu plus sûrs que les BWR. C’est certainement une des raisons qui ont motivé le choix de la technologie PWR en France au début des années 70. Rendons hommage aux ingénieurs et responsables qui l’ont retenue et constatons aussi que dans le fait que notre pays, proportionnellement le plus nucléarisé, ait été épargné jusqu’à présent par un accident nucléaire grave, il n’y a pas de hasard.

L’enseignement majeur de cet accident grave de TMI, dont il a été largement tenu compte dans les recherches qui ont suivi aux USA et en France principalement, et pour le fonctionnement des réacteurs PWR, réside dans le constat, suivant : si les opérateurs avaient eu les bons éléments d’information dans l’instant, ces techniciens auraient évité le fatal engrenage accidentel.

Il est aussi important de reconnaitre que les principales fonctions de sûreté qui ont été mises en jeu dans cette séquence accidentelle, – arrêt de la réaction en chaine, injection de secours, dépressurisation du circuit primaire-, ont été opérationnelles. On en serait resté au stade incidentel sans les erreurs humaines.

En ce qui concerne les accidents de Fukushima Daiichi, il est nécessaire de rappeler clairement les points suivants :

* à la suite du séisme, les réacteurs en fonctionnement, les n° 1,2 et 3 se sont arrêtés. Malgré l’intensité du séisme sur le site, – au niveau du Ss, séisme de sécurité ayant servi de base aux calculs de résistance des divers matériels de la centrale-, les circuits de refroidissement de la puissance résiduelle, avec condenseur d’abord, circuits IC, puis éventuellement le circuit haute pression HPCI sur le réacteur n° 3, ont globalement fonctionné. Malgré quelques dysfonctionnements certainement dus au séisme, sur tous les réacteurs, pendant les 51 minutes qui ont précédé le « black out » du site à la suite du tsunami, les circuits d’évacuation de la puissance résiduelle ont assuré leur fonction. Les pressions des circuits primaires sont restées stables à près de 80 bars et les cœurs ont été suffisamment refroidis.

* A propos du tsunami qui a frappé le site de Fukushima Daiichi, il faut souligner que le site de la centrale nucléaire d’Onogawa, au Nord, également assailli par la vague du tsunami, n’a pas été submergé à cause de sa digue d’une hauteur de 14.8 mètres. Cette hauteur a une histoire, elle est due au combat de l’ingénieur Yanosuke Hirai qui à la fin des années 1968 a réussi à imposer son estimation de l’altitude requise pour résister à un tsunami. Hirai avait étudié les tsunamis et faisait notamment référence à celui de l’année 869 pour le site d’Onagawa.

On en vient à la conclusion que les accidents nucléaires de Fukushima Daiichi étaient complètement évitables.

Sous l’angle de la sûreté on voit une différence         avec TMI, base de la remarque qui m’a été faite. Alors qu’à TMI, le système d’injection de secours s’était mis à fonctionné et aurait normalement du stopper l’incident, dans les séquences accidentelles des réacteurs de Fukushima Daiichi les cœurs ont entièrement fondus alors que le circuit primaire restait à haute pression, interdisant ainsi l’injection d’eau avec les motopompes. Là encore il y a un petit avantage en termes de sûreté pour les PWR.

Il est très important de faire et éventuellement refaire l’analyse en profondeur de ces accidents graves. Tchernobyl, présentant un cas particulier dans la mesure où la déliquescence du régime soviétique y a pesé d’un poids très grand. Pour Fukushima Daiichi les groupes d’experts qui travaillent actuellement à l’analyse des accidents nucléaires de Fukushima Daiichi en préciseront beaucoup mieux tous les aspects, y compris les graves dysfonctionnements des organismes et des responsables politiques.

Sur ce plan, la presse japonaise vient de révéler que la Préfecture de Fukushima avait laissé totalement inexploité, pendant cinq jours qui ont suivi le 11 mars 2011, des informations relatives à la dispersion des émissions d’aérosols et de gaz radioactifs, depuis le site de Fukushima Daiichi, calculée à l’aide du code SPEEDI qui prend en compte les données météorologiques. Le terminal informatique de la Préfecture avait été mis hors service par le séisme. Et les envois par e-mails réguliers, toutes heures, qui furent émis par le centre de sûreté du ministère de l’environnement, ne furent pas utilisés, précisément du 12 mars 2011 au 16 mars au matin. Cette affaire a mis également en lumière le manque de coordination entre la préfecture et un de ses bureaux dans la ville d’Okuma sur la commune de laquelle se trouve le site de Fukushima Daiichi n° 1. Ce bureau avait reçu par fax, à minuit le 11 mars 2011, des résultats SPEEDI de la part de la NISA, sûreté japonaise. Il est incroyable d’apprendre que le service d’intervention en cas de désastre de cette Préfecture a jugé ces données « irréalistes » parce qu’elles comportaient, à leur avis, des sources d’émissions radioactives trop importantes.

Inutile d’ajouter que dans toute cette incapacité, les populations de la Préfecture de Fukushima n’ont pas été tenue informées des retombées d’aérosols radioactifs et diffusion de gaz, Xénon, Krypton, Iode gazeux … radioactifs.

L’examen en détails de ces deux accidents d’une gravité qui fait référence, montre qu’il n’y a aucune fatalité dans la manière dont ils ont pu se développer vers la phase de dégradation et de fusion des cœurs des réacteurs. C’est d’ailleurs encore plus vrai dans le cas de Tchernobyl.

Avec la prise en compte sérieuse des problèmes humains de TMI, il est normal de considérer que cet accident ne se reproduira plus. D’ailleurs avec un grand nombre de réacteurs nucléaires qui sont entrés ensuite en service, dont bon nombre de PWR (près de la moitié des réacteurs japonais sont des PWR..), le scénario TMI n’est pas survenu à nouveau sur une durée de 30 ans.

L’analyse des accidents nucléaires de Fukushima Daiichi par de nombreux experts conduira également à savoir maitriser ce type d’accident, notamment par l’organisation d’une sûreté passive.

Un des enseignements de TMI, Fukushima Daiichi et des autres, est qu’il n’y a aucune fatalité pour ces accidents.

 

 

Japon … Fukushima Daiichi et la littérature.. puis l’économie

Classé dans : Fukushia Daiichi — 19 mars, 2012 @ 10:58

Les écrivains japonais ont été au centre du dernier salon du livre.

Une écrivaine de 42 ans résident en France a naturellement écrit pour traduire ses sentiments  à la suite du 11 mars 2011, au fil du temps et aussi parce qu’elle n’a pas apprécié la manière dont les médias traitaient la catastrophe de Fukushima Daiichi. Elle parle de « clichés » à propos du peuple japonais. Si elle avait une culture scientifique elle pourrait étendre son sentiment à la manière dont les accidents et leurs conséquences ont été rendus dans les médias de son pays d’adoption.

L’éloignement renforce le sentiment d’insécurité qu’elle ressent pour sa famille du Japon [peut-être nous faudrait-il mieux apprécier la chance que nous avons de vivre en France, sous un climat modéré et dans un pays épargné par les cataclysmes]

Au centre du sentiment d’insécurité qui s’est installé au Japon, elle place la radioactivité. C’est la menace invisible, la source de morts différées dans l’esprit des gens marqués par Hiroshima/Nagasaki. Mais il y a aussi d’autres sources de peurs et d’angoisses comme la déflation présente depuis plus de dix ans. Cela s’accompagne aussi d’un net désenchantement vis-à-vis des sciences et de la technologie. La baisse de natalité vient alors comme un signe révélateur de cette crainte de l’avenir.

Son livre : Ce n’est pas un hasard. Chronique japonaise.

Au passage, dans une interview où on lui demande des noms d’écrivains japonais marquants, elle cite sans vraie certitude Tanizaki et pour la littérature contemporaine, plus fermement Yoko Tawada. Sans doute n’y a-t-il pas d’écrivain du passé qui impose sa stature. Un écrivain très connu en France, Haruki Murakami très influencé par d’immenses écrivains occidentaux tels Balzac, Dostoïevski, Tolstoï, s’exprime plutôt en ayant recours au fantastique, au rêve, à la poésie.

Les accidents de Fukushima Daiichi, leur gestion désastreuse, les graves défaillances antérieures du domaine de la sûreté nucléaire qui ont été ensuite révélées, viennent renforcer une méfiance déjà importante, qui concernait plutôt le domaine économique.

C’est donc dans ce contexte là que s’insèrent les projets du gouvernement de redémarrage du nucléaire :

Complétant les indices de la volonté du gouvernement japonais de relancer le nucléaire, la déclaration du premier ministre Noda, devant le parlement japonais, affirmant qu’il était possible d’envisager la mise en service d’un réacteur BWR dont la construction est pratiquement achevée sur le site de la centrale de Shimane de la compagnie Chugoku Electric au sud-ouest du Japon, ce serait le n° 3 de la centrale, est révélatrice de cette tendance. Noda a prudemment ajouté qu’il fallait traiter la situation des réacteurs en construction au cas par cas. Il faut rappeler qu’avant la catastrophe de Fukushima Daiichi, l’objectif japonais était de passer à une proportion de 50% de nucléaire dans la production électrique, un objectif Hollande en quelque sorte.

Noda rappelle à chaque fois que le consentement des autorités locales et préfectorales est indispensable. Un autre réacteur BWR en construction à la centrale d’Oma dans le nord, a fait l’objet d’une visite du maire de Hakodate, Toshiki Kudo, fin août dernier. Les autorités locales ne sont pas toutes hostiles au nucléaire, surtout à cause des subventions qui y sont attachées, il faut bien dire.

Notons que pour ces réacteurs BWR la sûreté américaine recommande maintenant la mise en place d’un moyen direct de dépressurisation du primaire, qui aurait effectivement été très utile dans le cas des accidents sur les réacteurs nucléaires de Fukushima Daiichi. En effet, dans les BWR, mais aussi dans les PWR, le cœur peut tout à fait fondre, y compris complètement, alors que le circuit primaire reste à haute pression. Cela a été le cas pour TMI.

Actuellement on a un système de dépressurisation de la cuve primaire, par l’intermédiaire de vannes SRV qui dirigent la vapeur dans le tore de suppression de pression, wetwell, ou envoient la vapeur primaire directement dans l’enceinte, drywell. Il faut une alimentation électrique pour les manœuvrer.

La diminution de la pression de vapeur dans le drywell et le wetwell, peut se faire en passant dans une cheminée de rejet extérieur. Les vannes qui permettent cette opération s’appellent AO.

Lors des accidents nucléaires de Fukushima Daiichi, il y a eu de grosses difficultés pour manœuvrer ces vannes de détente, principalement par manque d’alimentation électrique nécessaire à leur fonctionnement et à cause de problèmes de réception des principales informations dans

les salles de contrôle et au PC du chef de site. Avec une part d’erreur humaine. Les dépressurisations sont venues, trop tard pour éviter la fusion totale des cœurs et structures, de rupture d’enceintes, sans doute d’origine mécanique d’abord et de cuves primaires par « meltrough » [fusion sous l’effet du corium].

Il faut néanmoins souligner que l’action du noyau de techniciens de la Tepco (et que celle-ci affirme avoir toujours voulu mobiliser) à éviter que les corium se retrouvent sur le béton inférieur [il reste une incertitude à ce propos concernant le réacteur n°1].

Le Japon « c’est cuit » … Olivier Delamarche

Pour ceux qui ne le connaissent pas Olivier Delamarche est un analyste financier et économique intervenant sur BFMTV. Fondamentalement, c’est un responsable très sérieux de gestion de fonds particuliers ou institutionnels. L’écouter est très intéressant sur le fond, mais je dois dire que ses interventions m’amusent aussi beaucoup. Son discours livrant de manière abrupte des vérités dans ce domaine, est tellement à contre courant de la propagande formatée, encadrée et quasiment réinventée de nos experts économiques officiels, expression directe du système qui les emploient, qu’il n’est tout simplement pas crédible pour la grande majorité de ses auditeurs.

C’est aussi parce que cela me rappelle la situation d’un nucléocrate officiel (ou non d’ailleurs, ils sont rapidement repérés) donnant une conférence dans une salle squattée par le « Réseau Sortir du Nucléaire », SDN.  Les vérités du nucléaire ont énormément de mal à se faire entendre.

Il est assez apprécié par quelques médias du net. C’est ainsi que l’ai entendu récemment s’exprimer sur le Japon pour « onnouscachetout », tout un programme.

Quand je vous dis que c’est abrupt : « Le Japon c’est cuit » a-t-il déclaré. Il faisait allusion uniquement à la situation économique et financière de ce pays.

Il la résume ainsi : une récession installée depuis 15 ans, une dette à la hauteur de 250% du PIB, une Banque centrale qui inonde le pays d’une monnaie qu’il dit, à juste titre, sans valeur… et il faut ajouter une balance du commerce extérieur qui s’installe dans le déficit. Vu comme cela le défaut de paiement est absolument inéluctable.

Je ne veux pas continuer ici sur ce thème, qui de toute manière va s’imposer aussi en Europe dans peu de temps, mais en ce qui concerne la balance extérieure et l’aspect incontournable du nucléaire au Japon, je vous livre la figure ci-dessous, donnant l’évolution du prix d’achat du gaz naturel liquide (origine Tepco):

Japon ... Fukushima Daiichi et la littérature.. puis l'économie dans Fukushia Daiichi Prix-du-gaz-naturel-liquide-300x212

Nota : jusqu’à présent j’ai cité l’unité MBtu pour Méga Btu ou  10 6 Btu, ici cela est noté MMBtu

Après 2008, il y a eu une détente sur le marché provoquée par la crise. Aux US on voit l’effet du gaz de schistes à partir de 2010. Concrètement, le Japon se fournit en gaz naturel liquide à près de 6 fois le prix des USA actuellement.

Autant le gaz de schistes réduit les perspectives du nucléaire aux USA, autant il rend celui-ci indispensable au Japon.